31/05/2005

... Ici aussi

  

 

 

 

Merci pour toutes vos visites, anonymes ou non.

 

 

Portez-vous bien...

 

 

 

.                                                                                                                           D.


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25/05/2005

A day in the life

J’aime  percevoir la vie à travers les reflets mouvants, le bruit des images, la couleur des mots, le parfum des sons…

 

Je suis un enfant du surréalisme,  né un peu sur le tard, sans doute.

Quand j’ai débarqué sur terre,  Magritte était déjà trop vieux, Salvator Dali trop riche et Boris Vian trop mort.

 

J’ai eu pour nourrice  la doctrine des bons pères jésuites. Ils m’ont communiqué  la pensée, le cartésianisme, la rigueur, l’action réfléchie et le discernement. Ils m’ont même appris à me passer de Dieu, comme de  Saint Nicolas. Un simple effet secondaire de leur héritage.

 

Mais comme à beaucoup d’autres ils ont  permis aussi que continue à scintiller en moi sous le boisseau de leur enseignement cette petite flamme de folie qui m’anime encore.

 

Celle-ci s’est libérée lorsque j’ai eu 18 ans, au sortir de l’école,  à l’appel de la vie. J’ai alors explosé. J’ai voulu étudier les tréfonds de l’esprit humain sous toutes ses coutures et par tous les moyens, j’ai  tapissé ma chambre de peintures de Dominique Appia,  lu presque  tous les romans de celui qui ne m’avait pas attendu pour mourir, mélangé la nuit et le jour au gré des rencontres et des premières insomnies.

 

Jusqu’au jour où mon existence est partie vers d’autres chemins. Ma vie s’est canalisée, j’ai quitté ma chambre au lit  devenu brusquement trop étroit, et ses peintures de Dominique Appia, ses livres de Boris Vian, les laissant à la poussière.

 

 

 

Pourtant, il est étonnant de voir comme une pensée, une lecture peut resurgir d’entre les trous de la mémoire même vingt ans après, au choc d’un simple évènement.

 

L’évènement  fut amené l'an passé par mon Tonton, qui s’est éteint comme il avait vécu, paisiblement malgré les souffrances.

 

Il a fait le choix de sa propre sortie, tournant le dos aux us et coutumes ancrés depuis des générations dans les pavés usés des églises, sous les voûtes sombres et dans les vapeurs d’encens, marquant son indépendance vis à vis de toute religion ou philosphie, et ne gardant que ces deux phrases, apprises de mes grands parents et qu’il  nous a laissées comme ultime message :   « aimez vous les uns les autres et ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse ».

Que peut-on dire de plus ?

 

Mon Tonton maniait parfaitement l’humour, involontairement parfois,  irrévérencieusement souvent et toujours jusqu’à l’absurde. En cela je l'admire encore. C’est pourquoi je ne puis m’empêcher de penser aussi à ses funérailles surréalistes comme à un message d’outre tombe de sa part.

 

Nous nous sommes tous retrouvés, sous le soleil, au crématorium de G. pour la cérémonie sobre qu’il avait désirée,  et qui m’a replongé malgré moi dans « l’Ecume des jours »,  abandonné sur ma table de nuit depuis plus de 20 ans.

L’enterrement abominable de Chloé.  Il y avait de ça…

 

Le surréalisme commence avec la traçabilité des cendres, quand tu déposes sur le cercueil une plaque en céramique, restituée à la famille en même temps que l’urne, pour prouver qu’on n’a pas donné, pour gagner du temps, les restes du type incinéré juste avant.  Parce que c’est  déjà arrivé et qu’à certains endroits c’était monnaie courante, tout simplement.

 

Mais tout ça n’est rien par rapport à ce qui s’est passé durant la cérémonie,  lorsqu’on nous a collé comme accompagnatrice une bonne femme, à côté du cercueil, un micro à la main, l’œil rivé sur les 45 minutes chrono. Une bonne femme qui a commencé par réciter quelques phrases sans âme et hors propos avec l’émotion du supermarché quand on demande à la caisse 3 le responsable boucherie.

 

Une bonne femme qui, débutait chaque phrase par les mots  ‘le défunt’.

Dis-moi, bonne femme, as-tu seulement cherché à connaître son prénom, au défunt, avant de t’adresser ainsi à sa compagne qu’il avait serrée dans ses bras durant près de 60 ans,  à qui il avait donné trois enfants, qu’il avait regardée vieillir et qu’elle avait vu s’éteindre ?

As-tu pensé à ses trois enfants, mes cousins, présents dans cette salle, aux  petits enfants de mes cousins venus l’accompagner une dernière fois ?

 

Je sais, on t’impose d’en faire douze par jour, des cérémonies, pour remplir  tes 38 heures semaine. On t’oblige ainsi à entrouvrir les lèvres encore et encore, comme d’autres doivent entrouvrir… les deux métiers semblent si proche.

 

Tout en gardant l’œil sur l’horloge,  tu as mollement tendu le micro aux  présents qui voulaient honorer la mémoire du ‘défunt’.  Je t’ai entendue soupirer lorsqu’on  t’a demandé de te déplacer  trois mètres pour apporter le micro au frère aîné du défunt, pratiquement aveugle et qui voulait aussi dire au revoir à son compagnon de toujours. Tu as eu la décence de ne pas exiger de supplément de prix pour traitement spécial.

 

Heureusement, nous avons géré le temps qui nous était imparti et n’avons pas dépassé les 45 minutes. Je n’oserais pas imaginer la façon dont tu aurais interrompu la séance.

 

Une fois arrivé le moment de la crémation. On nous a fait patienter dans une salle avec sandwiches, café et boissons. Il était l’heure de midi. Les prix des consommations étaient affichés sur les tables, sans doute pour que les présents sachent combien la famille du défunt serait facturée. Il y avait aussi des tableaux au mur. Par moment je me demande si des prix ne figuraient pas également sur des étiquettes au bas des tableaux mais je pense que je rêve…

 

Enfin, nous avons récupéré les cendres. Du cercueil il ne restait qu’une petite boite. Toi la Bonne femme, tu étais à nouveau là avec tes phrases mémorisées dignes à se torcher le cul.

L’espace d’un instant j’ai regretté l’église et les vapeurs d’encens, la messe et le curé qui avait au moins le respect, même incompatible avec mes croyances…

 

Ici le respect se paye et, comme dans l’Ecume des jours, j’ai compris que mon Tonton n’était pas très riche.

Heureusement, nous avons ensuite regagné le soleil, un entrepreneur des pompes funèbres humain qui a trouvé le ton juste pour remettre les cendres à la famille et aider à la dispersion, au cimetière du village de mon tonton.

Boris Vian est retourné à sa poussière. Tout s’est terminé dans la sérénité.

 

Pour ma part, je me fiche bien de ce qui arrivera à ma vieille carcasse une fois que je n’y serai plus. Je souhaiterais moi aussi une cérémonie simple, détachée de toute religion, de toute philosphie, mon seul souhait est qu’on respecte à ce moment là ceux qui restent,  qu’on leur donne juste un peu de tendresse, ou alors un sourire ou bien avoir le temps.


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24/05/2005

Interlude musical

 

De ma 'tite filleule Frany, j'ai reçu ceci :

 

Une invitation que j'accepte avec grand plaisir.

 

1.2.3. Musique

 

Hop c'est parti

 

Qui vous rend joyeux : Quand plus rien ne va  - Mes souliers sont rouges

Qui vous rappelle un(e) ex-cop(a)in(e) : Simplement – W. Sheller
Qui vous fait pleurer : Julia – Pavlov’s dog
Qui vous fait rire : Eau et Gaz à tous les étages - Gainsbourg
Que vous écoutez le plus en ce moment : Little things of Venom - Arid
Qui vous fait réfléchir sur la vie : A ma place – Zazie / Axel Bauer

Qui vous fait réfléchir sur le monde : La corrida – Francis Cabrel
Qui vous rappelle celle ou celui que vous aimez : Careless whispers - George Michaël
Que vous auriez aimé écrire : Tous les cris les SOS - Balavoine
Que vous ne voulez plus jamais entendre : La chanson des Schtroumpf

Que vous voulez être jouée à vos funérailles : La marche funèbre
Que vous voulez être jouée à votre mariage : La marche nuptiale
Qui fait que vos amis pensent à vous quand ils l'entendent : Fichue bonne question

Qui vous rend nostalgique aujourd'hui : Hergest Ridge – Mike Oldfield
Que vous aimez d'un artiste que vous détestez Comme d’habitude – Claude François

Que vous admettez aimer honteusement : Je veux faire l’amour avec toi - Polnarev

Qui vous rappelle votre enfance : Drole de vie – Véronique Samson
Qui résume votre adolescence : Like a Rolling Stone – Bob Dylan
Dont vous aimez les paroles : Le jongleur – Maxime le Forestier

Que vous détestiez et que maintenant vous aimez : O-zone
Avec laquelle vous aimez vous réveiller : Le grand Bleu
Qui vous fait penser à quelqu'un qui est mort : Con te partiro - Bocelli
Qui vous rappelle la nuit : Au cœur de la nuit - Téléphone
Qui vous fait penser aux vacances : Ma vie toute ma vie - Travis
Qui vous fait penser à votre solitude : Les uns contre les autres – Fabienne Thibeault
Qui vous fait penser à ce que vous vivez en ce moment : Le temps de vivre - Moustaky

Qui n'est pas votre type de musique mais que vous aimez pourtant : Zebda

vous rappelle votre meilleur(e) ami(e) : Wuthering Heights – Kate Bush

Qui vous rappelle un membre de votre famille : Somebody out there - The Calling
Que vous pouvez chanter entièrement : Au clair de la lune

Qui vous rappelle une soirée excellente : One step beyond - Madness
Qui vient de sortir mais que vous aimez déjà : J’en sais que dalle j’écoute trop peu la radio

 

Je passe le relais à

 

Chloé (qui y a peut-être déjà répondu jadis, faut voir)

Mik que je salue au passage

Aurélia (félicitations à toi !)

 

Seulement si ça leur chante naturellement

 

Salutations à tous et à bientôt, ici ou ailleurs



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12/05/2005

Pourquoi j'ai fait ce blog (version 2)

Tu peux pas savoir le plaisir que j’éprouve à t’écrire ce post chaque semaine. Quand je pénètre dans la blogosphère, je quitte la pesanteur de mon enveloppe charnelle, je m’envole et enfin je vis.

 

Au gré des notes bleues de ma filleule, je pars au pays des licornes, prends le café chez Chadou, vole quelques grains de poussière de lune au passage, côtoie avec enthousiasme la folie esthétique, médite quelques sentences de philosophie gaiemikéenne, navigue au vent d’une plume ou sur les ailes des anges… et il reste tant de lieux à découvrir encore ici et ailleurs.

 

Hélas tôt ou tard, la poussière de fée  s’estompe, il me faut redescendre sur terre, retrouver ces mains trop grandes dont je ne sais que faire, cette mèche rebelle qui me tombe devant les yeux  à chaque coup de vent, ce corps gauche et inconfortable dont le moindre geste trahit la timidité. Et cette sensation désagréable d’avoir continuellement mon apparence offerte à tous les regards dès que je franchis les portes.

 

Tu sais quoi ?

En bon intrus, j’aurais aimé m’inviter à Charleroi ce 15 mai,  créer la surprise et apporter en toute simplicité une caisse de champagne, quelques plats de saumon et du foie gras aux truffes, à la bonne franquette. N’y pensons plus. Je n’ose même pas imaginer la tête que tu aurais tirée si tu m’avais vu débarquer. Pas que je sois si moche mais… je n’en dirai pas plus.

 

Une fois encore, ce dimanche après l’office, je resterai chez moi, profiterai de ces rares moments où le personnel est en congé pour exercer mes talents de cuisinier, faire des croque-monsieur à mon épouse enceinte et à nos enfants (authentique).  Et comme chaque dimanche j’y trouverai mon bonheur.

 

Je dois tout de même t’avouer une chose. Sache que ma survie dans la blogosphère ne tient qu’à ma discrétion. Tu me connais sans doute pourtant, mais sous d’autres noms.  Depuis tout petit, quand on parle de moi, on me colle les initiales « SAR » Salvatore Adamo Remerciant ?. Je n’en dirai pas plus…

 

Ici, j’ai choisi d’être indescriptible parce qu’ailleurs on ne me décrit que trop, on piège mes égarements, mes pas de travers, et c’est hélas vrai que souvent je n’en loupe pas une.

Mon blog c’est ma liberté. Mon blog est le seul endroit de cette galaxie où il m’est permis de signer n’importe quel texte, dire toutes les conneries qui me passent par la tête sans me faire ensuite massacrer par un Ministre Ménapien...

 

J’aime y parler de moi en tout anonymat, de la vie que j’aurais menée si la cigogne avait eu la bonne idée de me déposer ailleurs il y a un peu plus de 40 ans...

 

J’y emmène aussi celle que j’aime et j'aime à parler d'elle. Tu pensais vraiment que Mathilde était blonde ? Crois-moi sur parole…Bon, je n’en dirai pas plus.

 

Merci en tout cas de m’avoir compris, de respecter ce mystère autour de moi, de m’accepter tel que je suis, de ne jamais chercher à en savoir plus.

 

C’est tout.

 

A toi, présent et  à venir, salut.



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04/05/2005

Toi aussi adopte-les !

Tu ne les as jamais rencontré ?

 

C’est que tu n’as pas fait attention.

 

 

Pour ma part, ça fait quelques années que j’ai fait leur connaissance.

 

La première fois, c’était en fin de printemps quelque part entre Mawinne et Flalonne. Ils étaient là, assis sur une table, entre colifichets et livres pour enfants un peu écornés, dans une brocante comme il y en a tant d’autres.

Ils faisaient provision de soleil au sortir de l’hiver.

 

Discrets, ils évitaient d’attirer l’attention. C’est normal, c’est dans leur nature.

Pourtant, il a suffi que nous leur fassions signe pour qu’il sautent dans le sac de ma brune, entre mouchoir et paire de lunettes.

 

 

Ai-je raison de te raconter celà ?

Qui se souvient seulement de leur existence ?

Faut dire qu’il y a pas si longtemps, ils vivaient toujours dans les trous entre les rochers.

 

Pour subsister, ils piquaient quelques grains de blé à l’époque des moissons, chapardaient une pomme, une noix, une châtaigne pour l’hiver… Ils n’embêtaient personne.

 

Mais que peux-tu faire contre la civilisation ?

 

Lorsque les faucilles ont laissé la place aux moissonneuses et que les pesticides ont envahi les vergers, que le béton a comblé les trous des rochers…

 

 

Ils quittent la campagne, cherchent refuge où ils peuvent, se cachent là où c'est encore possible, chez mes amis poètes, dessinateurs, et dans les maisons anciennes qui respirent la lavande du fin fond des armoires.

 

 

 

Tu veux les rencontrer ? Ouvre simplement les yeux. Chez les artisans, aux rassemblements de conteurs, ils viennent parfois se montrer.

 

La plupart de ceux qui ont déposé bagages dans notre demeure proviennent du Petit peuple.

 

Ils sont tranquilles et se montrent très réservés. Pourtant, si le soir tu fais un feu dans la cheminée, si tu allumes une bougie, laisse un morceaux de fromage ou quelques noisettes, tu les vois qui s’amènent en silence et s’installent pour regarder les flammes danser.

 

 

Parfois, ayant fini journée, tu rentres chez toi fatigué et trouve la maison proprette, une bière préparée à côté du divan. Ce sont eux, c’est leur façon de te remercier.

 

 

Je ne sais pas exactement combien ils sont à présent à vivre chez nous et ça n’a pas d’importance. L’un d’entre eux vient apparemment de très loin, reste à l’écart et n’ouvre pas la bouche. Mais nous l’aimons comme les autres. Il a sans doute vécu des moments difficiles dans sa vie de Troll. Il se plait chez nous et c’est le principal.

 

 

 

Fais comme moi. Toi aussi héberge des Trolls, mais fais très attention. Chaque médaille a son revers et tout qui ressemble à un Troll ne l’est pas forcément ! Apprends à les reconnaître.

 

Si tu en vois des bleus à bonnet et culotte blancs qui essayent d’entrer chez toi et se font appeler par des noms imprononçables... Ce ne sont pas des Trolls.


C'est vrai, ils ne sont pas vraiment méchants, mais qu’est-ce qu’ils sont chiants !!!

Fuis-les comme la peste ! A la limite, si tu en vois un qui traverse sur la route juste devant toi, essaye de ne pas le louper.

 

 

Certains utilisent aussi les petites annonces pour se faire adopter, via Internet ou par d’autres moyens et se présentent comme Trolls. Ne leur réponds surtout pas, ce n’est pas du tout du genre des Trolls de se faire connaître par petite annonce. Ceux qui font cela sont des imposteurs énormes et immondes qui, une fois qu’ils ont trouvé ton adresse, viennent chez toi et cassent tout.

 

Demande à Tolkien, au Professeur Dumbledore ou à messieurs Tarquin et Arleston ce qu’ils en pensent, ils sont bien obligés de faire avec, maintenant.

 

Tu sais tout à présent. Si un jour tu te balades dans une vallée ardennaise au rendez-vous des conteurs, au marché des artisans, ouvre les yeux, cherche-les, ils ne demandent qu’à venir chez toi, ils apportent la joie dans ta maison…

 

Ceci n’était pas une pub…



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