07/12/2006

 Se porter

poidumonde1

Certains jours plus que d’autres

Jeté hors de tes rêves par le réveil qui sonne

Tu te sens perméable à ce matin frileux

A la nuit qui occupe encore l’espace morne

A la radio criarde aux nouvelles pas bonnes et aux pubs super connes

 

Perméable au café déjà refroidi

Aux mouflets trop tôt tombés du lit

A l’heure qui n’attend pas

Aux ballets d’essuie-glaces

Au klaxon du connard qui te couine dessus

Pour le temps d’un bâillement avant de repartir

 

Perméable à la pointeuse qui t’attend à l’entrée

Aux néons froids du couloir qui te mènent à la chaise

Aux problèmes à régler abandonnés la veille

Au téléphone qui sonne et qui vient t’agresser

 

Pour certains jours plus que d’autres

Où tu te sens si fragile

Qu'un souffle suffirait

 

Parce que perméable

par ce que tu vis

parce que tu vis

 

Stop

Respire

 

Mais perméable aussi

Au sourire inconnu reçu dans l’ascenseur

Au rayon de soleil sur les quais à midi

A cet air de musique entendu par hasard

qui te porte le cœur

 

Et perméable encore

A la vie qui te fait, à la vie qui te prend

A la vie qui anime les enfants chaque jour

 

Au goût des clémentines

A la bière glacée ou au chocolat chaud

Aux soirées entre amis

où les rires s’envolent et fusent à l’infini

 

Et perméable encore

A celle qui ce soir laisse tes doigts redécouvrir sa peau

 

parce que tu vis.

Par ce que tu vis

Tout simplement.

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14/11/2006

 Toi et Moi

Stmichel4

 

   

     Un quatorze du mois de Toussaint

 

  Quand ta main et ma main,

  Tes yeux et mes yeux

  Tes lèvres et mes lèvres

 

  Quand pour la première fois

  Nous accordions nos pas

 

  Pour un soir, pour un jour, 

  pour un mois…

  Le temps d’un rêve à deux

  Une vie, pourquoi pas…

 

  Quand on s’aime

  Le temps ne compte pas

13:10 Écrit par 0 dans Général | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

25/10/2006

MétacommunicaPffffff

-          Salut machin,  Hey suis heureux de te voir ! Dis, tu connaitrais pas le titre du dernier morceau de Raffaël ? J’adore mais pas moyen de trouver les références sur le net. 

 

-          P.H.  

 

-          Péage ?  

 

-          Non, pas péage, PH !  Raphaël s’écrit avec PH !

 

-          Pourquoi tu me dis ça ?  

 

-          Parce que tu as dit « Raffaël » avec 2 F alors que son nom c’est « Raphaël » avec PH.

 

-          Attends,  comment tu peux entendre que j’ai dit « Raffaël » avec deux effes ?

 

-          Gros malin, tu rigoles ou quoi ?  Tu remontes à la première ligne de ce post, qu’est-ce que t'as écrit ?

 

-          Ecrit ? Mais j’ai rien écrit du tout Moi. A quoi tu joues, là ? Comment tu veux que je t'écriveuh puisseque je te parle, là pour le moment présentement avec ma voix douce et chaloupée ??

 

-          Tu me parles ? ? ? ? Avec ta voix ? Y s'fout d'moi ma parole ! Et ces caractères bruns sur fond beige là sur l’écran, c'est quoi alors ? Des postillons peut-être ?? et d'abord tu sais bien que  tu as dit « Raffaël » à la place de « Raphaël » !

 

-          Rgnmmmblllllllllllllll   proximus nous rapproche tous  Respirez inspirez relâchez.... Encore ? bon j'y vais. Tu mexcuseras mon vieux mais JE NE COMPRENDS RIEN DE RIEN A CE QUE TU ME RACONTES ! ! ! 

 

-          Comment ça tu comprends rien ??? et tout d'abord  pas la peine de crier, mon gars, moi je m’explique calmement. Alors toi aussi tu te calmes, OK ?

 

-          COMMENT CA, JE CRIE ? JE TE PARLE TOUT A FAIT NORMALEMENT MOI ! ! pourquoi tu dis que je crie ? ! !   J'te pose JUSTE une question, moi, ET TOI TU viens me répondre en parlant DE PEAGES ET D'EFFES ! ! !

 

-          KWA !? BON MAINTENANT, T’ARRETE  TON CIRQUE ! Tu vois je peux crier aussi si je veux !!!

 

-                 MAIS JE NE CRIE PAS ! ! !.

-          C’est pas possib ! Il me prends vraiment pour un monsieur connardcet espèce d'ériofne ! Et je code mes mots !
Bon puisqu'il faut que je t'esplique. Figure-toi qu'on signifie une hausse de ton en écrivant en
majuscules ! Tu vas me faire croire que tu le savais pas ? ou alors je finirai par penser que t'as pas inventé la cédille, toi eh Duçon ! Bon ! Alors ? T’as pas crié, peut-être ? et tes points d'exclamation un peu partout, c'était juste pour faire joli ??? pour planter des piquets autour de tes phrases ?

 

-         Comprends rien comprends rien comprends rien. Pardonne-moi, vieux, mais je commence à penser qu'y en a un de nous deux qui va pas bien du tout dans cette histoire.
Ah ben, voilà justement quelqu’un qui arrive. Si lui, il comprend ce que tu racontes, alors c'est moi qui suis fou.
Hep Chose, Oui, Toi qui  passes à côté de nous, tu comprends, toi,  ce que machin est en train de me raconter ?

 

-          Tu dis ? Pardon mec, désolé, impossible de te répondre, j’ai rien suivi,  je viens d’être créé à l’instant pour jouer le rôle de passant dans ce post.

 

-          Ah tu vois  !

 

-          Non je vois rien du tout

 

-          Ah j'te l'avais bien dit : il voit rien du tout… !

 

-          Attends, qui parle, là ?

 

-          Comment ça, qui parle là ?

 

-          Ben oui, qui est en train de parler, là ?

 

-          Ben moi évidemment…

 

-          Non mais y a vraiment un problème les gars, comment vous voulez qu’on reconnaisse qui est en train de parler, maintenant que nous sommes trois. Quand y avait dialogue entre deux personnes, on s’y retrouvait plus ou moins avec les tirets, mais maintenant… He ! Ho ! Hein ! Bon...

 

-        Ouais t'as raison... alors, ok, euh et si chacun parlait à son tour et  qu'on remplaçait le tiret par le nom de celui qui parle. T'es d'accord, euh, chose, truc... rappelle-moi comment tu t'appelles déjà ?

 

-         C'est pas possib pas possib. J’peux pas y croire, ils sont tous dingues. Bon, de toute façon si y en a un de trop, je me casse et c'est pas triste. A+ les mecs.

 

-          C’est ça allez Tcho, et bonjour chez toi, reviens quand tu veux, andouille va. Bon, maintenant que ce plouc s'est cassé, on en était où dans tout ça ?

 

-          Euh... Dis-donc, c’est lequel qui s’est cassé là ?

 

-          Ben c’est Lui puisque c’est pas Toi ni Moi

 

-          Oui mais qui t’es Toi ? Dis-moi... c’est avec Toi que je discutais tantôt ou avec Lui ?

-          Ah non, pitié, ce coup-ci je jette l' eponge , On s'en sortira jamais...  Tu m'excuses mais j'ai assez perdu de temps. J'me casse aussi. Tcho, mec!!!!! 

 

-          Eh, attends, machin, ne partons pas fâchés, euh… 


Bon, ça y est me v’la tout seul. Me reste plus qu’à retourner sur google et à entrer "Raphaël" écrit correctement ce coup-ci, j’aurai peut-être plus de chance de tomber sur le titre de cette putain de chanson. 

 

Et dans 150 ans, on s'en souviendra pas

de ce post lamentable

et c'est bien mieux comme ça

16:54 Écrit par 0 dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

12/10/2006

Un instant d'éternité

 
Porte

 

Autour d’elle se dressaient quatre murs immobiles

 

Elle se tenait debout, presque en déséquilibre, effleurant la poignée.

 

Qu’y avait-il derrière la porte ?

 

 

 

Une cour intérieure semée de pavés gris où vient s’éparpiller une lumière avare  ?

 

Un jardinet de ville entouré de béton où les broussailles luttent pour  gagner un  peu  d’air  ?

 

Un espace boisé cerné de sapins fiers où le vent vient jouer avec les cimes vertes  ?

 

Une roseraie sanguine irisée de soleil où les fleurs se balancent en montrant leurs épines ?

 

Un champ ocre de blés ondulant sous la brise imprégnée de chaleur d'un août resplendissant ?

 

Une steppe sauvage où erre la solitude entre les herbes hautes et les marais avides ?

 

Une montagne blanche qui grimpe à l’infini sous torrents et ruisseaux, pierres et avalanches ?

 

Un désert calciné criblé de sable cuit où les pas s’évaporent avant de s'y poser ?

 

Une mer en furie gerbée de vagues ivres qui giflent les navires et noient les espérances ?

 

Une foule en pagaille où les vies s’entrechoquent et où chacun avance comme il peut sans y croire ?

 

 

 

Ou simplement un arbre où s’asseoir un instant…

Un refuge où pleurer à l’abri des  regards…

Une oreille attentive, un ami, un amant…

 

Ou simplement le vent, le vide, le hasard…

Quatre murs immobiles…

 

Qu’y avait-il derrière la porte ?

 

Elle se tenait debout, presque en déséquilibre, effleurant  la poignée

Elle respira très fort….

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07/09/2006

La vie, les mines et les pieds

 
C’était au temps lointain où mon parcours vers l’école traversait un champ de mines.
 
 
 

 

La place du Palais menant au collège était couverte de larges pavés, séparés par des fils invisibles et  mortels.

 

Chaque enjambée devait obligatoirement me déposer au centre d’une dalle.

 

Et si mon pied, mal assuré, loupait la cible et rencontrait le bord, c’était le contact avec le fil, l’explosion et la mort assurée...

 

Ce n’était pas un rêve, c’était la réalité que je m’étais inventée.

 

Si je touchais un bord, je ne mourais pas pour de vrai,  mais je mourais quand même vraiment.

 

Et c’était important.  Assez important pour ne plus regarder les arbres en fleur, les gens ni les oiseaux.

 

Mais regarder mes pieds.

 

Toujours regarder où je mettais les pieds, ne pas faire un faux pas, garder le regard fixé sur les chaussures, sur cet horizon de quelques décimètres pour éviter la mort.

Ne pas quitter des yeux mes pieds.

 

A tel point qu’au bout du compte, j’en perdais parfois le chemin et arrivais en retard à l’école.

 

 

 

On vieillit mais on ne change pas.

 

Depuis l’enfance, la vie est toujours faite d’un ensemble de dalles sur lesquelles traverser. Devant soi la vie, les rêves, l’inaccessible étoile, les monts et merveilles…

 

Et pourtant….

 

Pour ne pas changer il faut qu’on regarde ses pieds.

 

Sans en mettre un de travers, sans faire de faux mouvement, sans basculer dans le précipice... éviter de regarder trop loin devant soi mais regarder ses pieds, univers limité aux ficelles intouchables des règles implicites, du regard des autres, de la bienséance…  frontières invisibles aux origines floues mais qu’il faut  respecter…

 

 

Dis…

 

Crois-tu que j’arriverai à marcher en regardant devant moi, en choisissant ma route au delà de quelques décimètres ?

 

Ne pas devoir m’arrêter mais avancer tout en regardant vers le ciel, vers l’horizon là bas tout devant...

 

Crois-tu que ce soit possible ?

 

 

Crois-tu que si j’oublie les dalles, elles m’oublieront aussi ? Crois-tu que je n’exploserai pas ? Crois-tu qu'alors je pourrai m’envoler ?

 

Tu sais…

 

Parfois je me dis « heureux ceux qui louchent », non parce qu’ils verront deux fois Dieu comme dit cette blague idiote, mais parce qu’ils parviendront à  voir au loin tout en gardant à l’œil où ils placent leurs pas.

 

 

 

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